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Culture Bordeaux renonce à un legs de 53 œuvres africaines pour favoriser leur retour dans leurs pays d’origine
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Culture Bordeaux renonce à un legs de 53 œuvres africaines pour favoriser leur retour dans leurs pays d’origine Patrimoine Publié le 2 juin 2026 Statues et sculptures africaines exposées dans le « musée africain » de Marie-Thérèse Petit, à son domicile près de Bayonne, en juin 2022. © K. Kukawka Rapportées d’Afrique par un couple de Français, au fil de 35 années d’expatriation, 53 pièces d’art africain devraient bientôt retrouver leurs terres d’origine. En accord avec la famille, la Ville de Bordeaux refuse officiellement le legs qui lui avait été consenti, et choisit résolument la voie de la coopération patrimoniale avec plusieurs pays africains. Sommaire C’est l’histoire d’un destin croisé, sur fond d’exil et de retour en terre natale. L’histoire de deux Français, Marie-Thérèse et Jacques Petit, et de 53 œuvres originaires du Gabon, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire, acquises par le couple durant ses années d’expatriation et léguées à la Ville de Bordeaux par Marie-Thérèse Petit en 2022. Lors du conseil municipal du 1er juin 2026, une délibération a officialisé le refus de ce legs, permettant ainsi à ces œuvres de rejoindre leurs terres d’origine. Baptême de Jacques Marie Kouvahé. Palimé (Togo), le 20 octobre 1957 . Marie Thérèse et son mari Jacques posent aux côtés de la famille du nouveau-né. © Photographie confiée par la famille de Marie Thérèse et son mari Jacques Petit La genèsePour bien comprendre cette histoire, un retour dans le temps s’impose. Tout commence par un mariage, en 1945, dans le Béarn, entre une sage-femme et un chirurgien. Deux ans plus tard, le couple part exercer en Afrique de l’Ouest et centrale : au Togo d’abord, puis au Gabon et au Niger. À leur retour en France, en 1982, les époux s’installent à Mouguerre, près de Bayonne, avec dans leurs valises des sculptures, masques, bijoux, simples souvenirs de leurs années d’expatriation. « Ils n’avaient pas la volonté de piller culturellement ces pays, mais plutôt de continuer d’apprécier des œuvres qui les touchaient », précise Katia Kukawka, directrice adjointe du musée d’Aquitaine.Jacques Petit meurt en 1986. Marie-Thérèse décède en 2022. Dans son testament, elle écrit : « Mon légataire universel devra léguer ma collection d’art africain à la Ville de Bordeaux. » Petit musée africainC’est ainsi que Katia Kukawka, accompagnée d’Étienne Féau, conservateur en chef du patrimoine et spécialiste des arts d’Afrique, franchit la porte de cette « belle maison basque » en juin 2022, maison où Marie-Thérèse avait installé ce qu’elle appelait son « petit musée africain ». « Ce fut une belle surprise, car c’est une collection intéressante. La priorité était d’identifier ces pièces et de le faire rapidement afin que la succession puisse être réglée dans les meilleurs délais. Il n’était pas question pour nous d’envisager l’intégration de cette collection au musée d’Aquitaine sans avoir au préalable recueilli l’avis des principaux concernés.” De premiers contacts diplomatiques ont alors lieu, « notamment grâce à Lucien Bruneau, directeur des relations internationales de la Ville de Bordeaux, avec qui j’ai travaillé très étroitement ». Dès 2022, le Musée national des arts, rites et traditions du Gabon confirme son intérêt pour 33 pièces. Le Nigeria et la Côte d’Ivoire feront de même en 2025 et 2026, respectivement pour 13 et 7 pièces. Trois statuettes africaines de la collection de Marie-Thérèse Petit : une statuette Teke de 31 cm, une statuette Teke de 25 cm et une statuette de la région Tsogo de 23,5 cm © Photo L. Gauthier / Ville de Bordeaux Pas une restitutionEn attendant le règlement des démarches administratives, la collection des époux Petit est transférée au musée d’Aquitaine à la fin de l’année 2022. Précision importante : « À aucun moment ces œuvres n’ont été intégrées à l’inventaire du musée d’Aquitaine. Elles y ont simplement été entreposées. On ne parle donc pas de restitution : il s’agit ici d’un refus de legs de la Ville de Bordeaux afin, s’ils le souhaitent, de permettre aux différents pays concernés de négocier les modalités d’un retour », précise Katia Kukawka. 6pays sont concernés par les démarches entreprises par la Ville de Bordeaux « La collection comprend aussi des pièces originaires du Niger, du Burkina Faso, du Togo et de la République démocratique du Congo. Ces quatre États disposent désormais de deux ans pour manifester leur intérêt pour les biens qui les concernent. Passé ce délai, en l’absence de réponse de leur part, nous pourrions alors envisager d’intégrer ces objets à l’inventaire réglementaire du musée d’Aquitaine, après leur examen en commission scientifique régionale. »Ainsi s’achève cette histoire qui symbolise également une évolution des pratiques dans le traitement des œuvres provenant de pays anciennement colonisés. « Même s’il s’agit ici de pièces acquises après les indépendances, je crois que nous sommes désormais toutes et tous conscients de l’absolue nécessité de travailler avec les pays d’origine, dans le cadre d’une coopération aussi éthique et transparente que possible. C’est une façon de faire nouvelle, et je suis très heureuse d’avoir l’occasion de vivre ce moment », conclut Katia Kukawka. 3pays ont manifesté leur souhait de récupérer des pièces appartenant aux époux Petit. 3 n’ont pas encore répondu aux sollicitations de la Ville de Bordeaux Pour aller plus loinConnaître le Musée d’Aquitaine : https://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr/ (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)Découvrir le Musée national du Gabon : https://lepratiquedugabon.com/a-la-decouverte-du-gabon/le-musee-national/ (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre) Partager Partager par courriel Copier le lien Copié dans le presse-papier Sur le même sujet Le musée d'Aquitaine 23 avril 2026 Les musées de Bordeaux 28 avril 2026 {text} {text}
Source : Bordeaux
Publié le 04/06/2026